1978. J’ai cinq ans. Je suis tout ouïe devant le poste d’une chambre d’hôtel en Espagne où nos parents nous ont emmenés en voyage d’été. Le ventilateur n’a pas raison de la chaleur, mais ce n’est pas de la plage en bas qui nous retient, c’est cette conférence de Camp David, entre Sadate et Begin, et mon père qui m’explique le moment historique que nous suivons avec attention.
Grande impression du sentiment historique, le motif d’une paix réelle sera le lieu de tous les efforts portés contre ce que je concevrais un jour comme barbarie.

Nous ne serons pas en guerre contre quiconque, mais le principe de refus d’un processus raisonnable de consultation d’un cénacle de sages où se tient le siège de l’unification des points de vue à l’encontre du rejet d’une voie nouvelle et ancienne, le calme retour de l’entente multilatérale parmi les nations, rongera notre avenir. Pour quelle nécessité se tinrent ces pourparlers incessants et avides d’entretenir le mouvement vers la résolution heureuse de la controverse armée tenant chaque camp dans l’échec de l’acceptation mutuelle? C’est parce que la sagesse commande au destin des nations de cesser de se battre que nous intervenons derrière le paravent d’une reddition inacceptable, à nous avouer vaincus par le feu et la fureur, dans le bruit des bombardements. Nous demandons au monde de se concerter en vue de la paix qui vient parce que la guerre constitue le terreau sur lequel naquit notre bonne volonté de poursuivre le développement sans heurts d’un principe de réparation, et de notre résilience nous faisons le soc pour arranger sur la terre de nos morts, d’un travail sans défaut à redonner à nos enfants le paisible jardin où naitront l’épi et le levain qui les porteront à l’âge d’hommes équipés de valeurs et de biens non seulement nécessaires à la culture, mais bénéfiques aux échanges et à la floraison d’un durer dans le favorable, la considération qui manqua aux heures sombres d’un futur tracé d’avance sur la voie de l’inévitable des catastrophes. Nous avons su réagir au sursaut de frayeur en ne précipitant pas le chien de la guerre à la garde et à la gueule de l’affrontement, parce que nous entendons le terme d’adversité en meilleure part que celui d’ennemi, notre sens partenaire de l’entente, de l’échange, de la régularité de bons procédés nous retient à la fermeté de cette exigence : nous voulons un avenir certain de récoltes sûres, et le silence des armes pour nos enfants. De cela dépend tout, et nous mettrons tout en mouvement pour y parvenir.

Tel est le message que, 22 ans plus tard, cette après-midi de 1978 me porte, sur ce petit cahier bleu qui touche à sa fin

Les forces passent
à déranger les pierres
se taisent.
Dans un grand concert
de chuchotements la rumeur
de quoi l’actionnaire sillonne
son repentir en maugréant.

Le bouclier s’arme de force
tant que la pâleur des juges n’assied pas
le Mollah qui prononce le Oh-là!

Le potentiel ravageur lance-articles
au démarrage où nous amenons un autre âge
de la civilisation, le passage d’une borne.

Les habitants élémentaires sortent boutique
et s’ordonne le temps comme s’envole une faveur
de ces idées de paix globale de traiter
par discours la stabilité des frontières
le chemin effectif des pourparlers
par intercession des bonnes fois
des intentions adverses se convaincre
le mieux disant des interruptions
à passer le cap d’aboutir une voie
sous la conscience d’apaisement
la simultanéité des faits dont nous sommes
l’arbre et la fruit une Humanité constituante
de sa Justice mondiale et de son agora
à pourvoir le sens du XXI° siècle
de l’histoire une règle
courtoise entre toutes les nations

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