30 mars 2009

Tant de désordre,
tant de lutte aveugle
ces derniers temps
et puis soudain
à la faveur d’un changement
manifeste dans la situation
des uns et des autres
une éclaircie à nouveau
comme jamais jamais
comme jamais déjà
des cendres passées
une envolée à nouveaux frais
le retour sans discuter
de la fraîcheur sur le temps
dans le sens d’une noirceur
jamais touchée encore
et la perspective vivante
qui danse dans le proche
sous le sourire d’un décor
à mesure de quoi par un truc
de hasard fortune à céder
sans mot dire le drame
un grand mouvement de sols
et de cieux
vers quoi je me tourne
loin de toute imposture
un être de musique barbare
dont le sens civil
ne peut que se bonifier

Lectures variées sur la technique de mon nouvel ami le piano de Madame Schönberg, heures béates à regarder jouer des maitres – Horowitz au paradis avec les siens!, et des nuits de rêve à  préparer les heures de jeu du lendemain.
Au dehors et autour tout s’effondre, c’est un élément qui ajoute à l’humeur indéfectible, et de quelque côté que je me tourne, les malheureux en cohortes, illustrant la défaite à venir, la procession des solutions erronées. A nous à qui l’erreur fut jamais qu’un socle, nulle crainte, il ne pourra en être de pires moments que ceux que nous aurons vu naitre, et cette veule idée est une joie sans discrédit.

Le tison du jour excite
des vents du ciel
darde son envie
sur les colonies bétonnées
aux seuils des troquets
de jeunes tailleurs essaient
des filles et des hommes parlent
sous des verres fumés

Abstrait sous une peau tannée
je fais moi aussi le veau-des-villes
sous ce cagnard un assentiment
volontaire au bagne humain

Façade polie de miroirs
réfléchissants, faux-semblants
parmi les ombres un appât
si conforme aux codes
me camoufle et ensemble
le monstrueux halo
de ma pensée déliée
des sourires de complaisance
le pavillon corsaire
d’une espèce de poulpe
au creux de ce sac de nœuds
dans le cœur de la cité

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