Le temps, la lumière qui descend de la structure physique de l’univers, est d’abord l’espace de parcourir un trajet lequel s’expanse de la tension entre un passé et un à-venir, ainsi que dans la retenue mémorielle le souvenir des espaces parcourus au lieu de cet advenu. Et irréconciliable un habitat qui ignorerait l’extrême pointe d’advenir, ne se résoudrait qu’en projection et en se remémorer. Comment gagner la fissure dans le tissu de cette présentification? Ici et maintenant le locatif d’un nulle part avec la consigne de le tempérer d’un ailleurs une autre fois. Ailleurs, autrefois je me souviens d’avoir été ici et maintenant, et sur le terrain de cette permanence je tiens un être-là qui se dévoile à sa dimension relative, fonction de cette fois. Or l’extrême pointe de temps dégagé de l’amarre fixiste d’une localisation trop précise, le paradoxe en vient de ce qu’il tient dans un autre espace-temps, lequel la mémoire parcourt afin d’en déterminer les coordonnées relatives, à la recherche de permanence et de similarités, de stabilité et de différences, afin de peser son encan de valeur rapportée à une histoire, ou ensemble de coordonnées, tenues dans une concrétion d’instants résolus autant que révolus. Et la résolution de ces évènements étant elle-même relative, il devient possible d’envisager un parcours sans arrêt d’hier à demain, quand maintenant représente ce parcours. Je parcours le présent en lançant le passé contre l’à-venir, et ce qui vient est un ressenti, revisité et remémoré, revenu à mon sens de le re-présenter sans cesse et selon un ordre que je suis. Par convention l’à-venir est ce qui nous demeure caché de ce passé que nous parcourons pour qu’il se trouve être à présent: cela ne signifie pas qu’il n’est dans l’orbe d’aucun exister; simplement il se trouve à la croisée de ce qui intervient et de ce qui se désigne comme déjà là. Ainsi un sens du plier qui transfigure tout à-venir sur la carte de ce qui est déjà figuré, le sens de la divination ou figurabilité à priori. La question que nous devons nous poser à son propos: l’intervention de l’inconnu peut-elle avoir la force de nous contraindre à une re-coordination radicale du passé? Sous quelle condition un tel advenir est-il réalisé? Qu’est-ce qui n’est déjà advenu au moins une fois? Le plus strictement il serait possible d’affirmer que le pur intervenir de l’inadvenu nous laisserait dans l’incapacité de nous tourner vers un reconnaître, nous laisserait sur notre faim, de nous le figurer comme du repésentable, et ainsi l’angle se restreint des évènements assez anciens et assez neufs pour être du temps inadvenu , et faut-il considérer l’émergence de ce genre d’être au monde nouveau comme d’une rareté exceptionnelle, la règle se trouvant dans la certitude que, quoi qu’il se passe, je saurais assez le reconnaître pour qu’il ne constitue que marginalement une évènementialité de premier plan.

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