La longue nuit d’hiver
et de silence du débat
national le nom de la débâcle
de l’intérêt pour le pays
chez moi, chez nous tous
le sentiment pesant d’une perte
très localisable du sens
d’être soi
Comment sortir de cette fièvre
qui s’empare des un et des autres
sinon refusant aussi radicalement
qu’il s’en présente le débat?

Car français désormais le sens
abjecte d’un retour
à la patrie,
à la famille,
au travail:
telle une antienne devenue réalité
l’insulte à sa performativité le porte
à nuire à nos collectifs amis tout autant
qu’à l’avenir de nos chères têtes blondes

Il sera écrit qu’en ces temps hivernaux
à son destin le pays préféra des cachoteries
et de changer de nom pour devenir
ce qu’elle ne fut jamais de son gré:
dictature molle de notions impropres
et triomphe de la vulgarité
— France le paquebot qui coula ces années là

Heureusement nous y fumes ailleurs
ici même et comme évadés des contingences
locales
à une République montant
le long du mur des évènements
mondiale et la paix la prenant
par dépourvu:
des écrans comme un portail
à ce jardin d’ensemble
quand la vue sur la ville
le monotone stéréotypé
de moeurs uniformes
une chimère à ne trouver
nulle part de vérité première
souvenir d’un passé englouti
attente d’une renaissance
improbable et revival vintage
du siècle passé.

Ici ne tient rien moins que le gond
de l’époque comme épopée
et la flambée de crispation
identitaire le grincement
de la bascule générale
le point du jour
vers ce qui n’est pas déjà là

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