les porte se taisent quand les pas résonnent

ce qui émerge de la marge de droite se lit de haut en bas, puis se lit dans tous les sens à commencer par cet élémentaire de feuilleter

Le plus important je crois
c’est que je pense qu’il faut être
en accord avec sa pensée
si tant est que croyance puisse
jamais être tenue pour une pensée
ainsi faut-il redire l’ordre des choses
un peu comme lorsque l’on corrigerait
une copie ici oui bine bien là non imprécis
manque d’argument l’on saisit
ce que vous voulez dire manque
d’expression une fautte d’orthographe
là une imbécillité non ça ne va pas
où est le fil rouge de votre raisonnement etc.
et il faut corriger sa copie sans cesse
non pas telle qu’un marbre
depuis que nous avons inventé
le e-marbre non pas telle qu’un marbre
ne se reprend pas ou bien revoir le sens
de la marbritude et dire que le sculpteur possède
en son atelier ou dehors l’arbre à marbre
ou même la carrière qui permettrait de le tenir
au frais telle une corbeille à papier
chaque jour nouveau un jour nouveau
et comme le dit le poème de cette semaine
du New Yorker à présent chaque jour un premier
janvier aussi bien dire un jour sans importance
ou toutes les bonnes résolutions peuvent être
prises sans dégât puisque le lendemain est le même
or non oui corriger sans cesse de petites formes
fidèles au résumé des explosions du lendemain
depuis un ryokan quelconque ou une madrassa
non merci à tous importe de ne plus trop péter le nez
de qui que ce soit et d’abord je pense que je crois
qu’il m’importe que le mien reste heureusement
à la dernière étape de la soudure sans se déboiter de nouveau
et si l’on n’avait qu’à dire que le temps carré
du monde tel qu’il va nous importait aussi le carré
du monde la quadrature approchant il faut se prémunir
des inflations de puretés comme de souillures
et le monde ne pourra que mieux se porter
de cet échange de bons procédés voici
ici trop de nullité pour continuer selon l’ordre
de cette ambiguïté solennelle — aujourd’hui
je ne vais pas commencer à démettre mon profil
droit en tapant haro sur quoi que ce soit
sinon que ma copie voyez-vous des guerres
et des pas mûres sur ce casino géant
de la toile j’en ai faites et des mures aussi
et le circonflexe autant que la cédille importent
peu finalement le souffle seul court là ici
où qu’il le souhaite et ce n’est pas ce tapis de feuilles
là sur mon bureau qui va le contredire la commande
est si forte mon cher monsieur si vous saviez et encore
ce genre nouveau des, est si nouveau que chacun essaie
de s’en tenir à son compte ce qu’il faut sauver
c’est le dégout des marchands du temple
sinon il n’y a plus de santé et je vous suis
reconnaissant de le noter avant tout le monde
et d’en siffler les oreilles à votre serviteur en effet
la pluie la neige comment laisse tomber la quoi?
mais oui la neige laisse tomber
la neige existe ici non mais partout
et les enfants sont affolés tandis que tout le jour
la course aux choses et les choses du palier
d’en dessous pas musiciennes et les choses
de la pièce d’à côté pas philosophes et les choses
de la toile pas bien nettes j’entends je joue
la pièce requise en effet là les mains sur le clavier
klavier ya wohl! sauf que non car le voisinage est hostile
ici ce qui me permet de vous dire enfin
vous devez le comprendre les livres
sont tout dérangés plusieurs stères ici
à déplacer casse-tête du classement comment
procéder trouver l’énergie dans un Lussac S.E.
numéroté par exemple mais non voici je suis
dans un escalier un peu vaste et sombre j’entends
des chuchotements des rires des commentaires des discours
des réflexions des échos je m’approche d’une porte
je frappe doucement deux-trois coups pas
bien inquiétants et j’écoute rien silence
tout à coup plus de bruit tout à sans coup
de bruit silence je reprends mon cheminement
monté-je? descendé-je? aucune importance
voici que j’entends des rires des comment
-aires des diatribes des lazzi des insultes
je m’approche d’une nouvelle porte je frappe
deux-trois coups pas méchants et mais
silence introspection mouches craquements
des bois comme au fond la nuit d’une forêt silencieuse
et si bruyante de nature morte bien mais je reprends
mon chemin vers l’un des sens peut-être
n’y a-t-il qu’un étage la logique commanderait que non
mais les chevaux malades ne sont pas si chers
enfin j’entends de nouveau quelque chose
un murmure une fontaine qui déblatère
des paroles je m’approche il fait nuit presque
je suis certain je n’entends jamais de voix
mes oreilles à l’occasion claquent comme tout
un chacun et des pressions mais de voix non
la mienne et encore même pas toujours et là
devinez je suis sage je toque un coup deux coups
cinq coups deux coups et je me dis que la porte va
se dégonder les rires s’arrêtent immédiatement
et rien le silence prend de l’âge je compte cinq dix vingt
je vais m’endormir sur le parquet de cet escalier
non sursaut le silence me réveille il s’en est fallu
de peu pour que je m’endorme debout le silence
plus frais qu’un ruisseau de bois fêlés
tendus par les temps qui craquèlent doucement ainsi que
peut-être une mauvaise peinture au plomb plus
de bruissement plus de tintinnabulement plus
de verres plus de couverts entrechoqués plus que
le silence je repars et mais drôle de monde cet escalier
je descends je monte un seul étage est peut-être
circulaire je ne vois pas bien il faut tourner à droite
pour descendre je descends mais comme je confonds
tout je tourne aussi à gauche puisque je me souviens
de la leçon d’Ecco sur le labyrinthe toujours
du même côté et les porte se taisent quand les pas résonnent
de tant de vie chut! ah non je croyais… j’avance
les marches une à une quatre à quatre quand même
quand est-ce qu’on y est le temps l’horloge le temps
tourne ma montre s’est arrêtée d’ailleurs une seule
lumière à ce plafonnier je suis passé tout à l’heure
à cet étage et rien que le bruit du bois au fond
du décor je remonte redescends jusqu’à ce que
j’aperçoive une lumière là par une lucarne
que je n’avais jusqu’ici pas entrevue je l’ouvre
l’air est frais du silence extérieur est glacé mais enfin
je suis trop gros pour m’échapper et à mesure que je pense
à ces mots qui me viennent les rires se font plus insistants
je reconnais quelques voix je ne dirai pas mais enfin il y a
les connaissances des uns et des autres et quand est-ce que
ça s’arrête quand je veux pour cela je dispose
dans la poche de ma veste d’une belle feuille toute neuve
remplie de formules magiques et de signaux en tous genres
il suffirait de l’ouvrir mais je ne suis pas fatigué allez bonsoir ici cette atmosphère irrespirable
pourquoi ne pas revenir demain matin plutôt?

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