1978. J’ai cinq ans. Je suis tout ouïe devant le poste d’une chambre d’hôtel en Espagne où nos parents nous ont emmenés en voyage d’été. Le ventilateur n’a pas raison de la chaleur, mais ce n’est pas de la plage en bas qui nous retient, c’est cette conférence de Camp David, entre Sadate et Begin, et mon père qui m’explique le moment historique que nous suivons avec attention.
Grande impression du sentiment historique, le motif d’une paix réelle sera le lieu de tous les efforts portés contre ce que je concevrais un jour comme barbarie.

Nous ne serons pas en guerre contre quiconque, mais le principe de refus d’un processus raisonnable de consultation d’un cénacle de sages où se tient le siège de l’unification des points de vue à l’encontre du rejet d’une voie nouvelle et ancienne, le calme retour de l’entente multilatérale parmi les nations, rongera notre avenir. Pour quelle nécessité se tinrent ces pourparlers incessants et avides d’entretenir le mouvement vers la résolution heureuse de la controverse armée tenant chaque camp dans l’échec de l’acceptation mutuelle? C’est parce que la sagesse commande au destin des nations de cesser de se battre que nous intervenons derrière le paravent d’une reddition inacceptable, à nous avouer vaincus par le feu et la fureur, dans le bruit des bombardements. Nous demandons au monde de se concerter en vue de la paix qui vient parce que la guerre constitue le terreau sur lequel naquit notre bonne volonté de poursuivre le développement sans heurts d’un principe de réparation, et de notre résilience nous faisons le soc pour arranger sur la terre de nos morts, d’un travail sans défaut à redonner à nos enfants le paisible jardin où naitront l’épi et le levain qui les porteront à l’âge d’hommes équipés de valeurs et de biens non seulement nécessaires à la culture, mais bénéfiques aux échanges et à la floraison d’un durer dans le favorable, la considération qui manqua aux heures sombres d’un futur tracé d’avance sur la voie de l’inévitable des catastrophes. Nous avons su réagir au sursaut de frayeur en ne précipitant pas le chien de la guerre à la garde et à la gueule de l’affrontement, parce que nous entendons le terme d’adversité en meilleure part que celui d’ennemi, notre sens partenaire de l’entente, de l’échange, de la régularité de bons procédés nous retient à la fermeté de cette exigence : nous voulons un avenir certain de récoltes sûres, et le silence des armes pour nos enfants. De cela dépend tout, et nous mettrons tout en mouvement pour y parvenir.

Tel est le message que, 22 ans plus tard, cette après-midi de 1978 me porte, sur ce petit cahier bleu qui touche à sa fin

Les forces passent
à déranger les pierres
se taisent.
Dans un grand concert
de chuchotements la rumeur
de quoi l’actionnaire sillonne
son repentir en maugréant.

Le bouclier s’arme de force
tant que la pâleur des juges n’assied pas
le Mollah qui prononce le Oh-là!

Le potentiel ravageur lance-articles
au démarrage où nous amenons un autre âge
de la civilisation, le passage d’une borne.

Les habitants élémentaires sortent boutique
et s’ordonne le temps comme s’envole une faveur
de ces idées de paix globale de traiter
par discours la stabilité des frontières
le chemin effectif des pourparlers
par intercession des bonnes fois
des intentions adverses se convaincre
le mieux disant des interruptions
à passer le cap d’aboutir une voie
sous la conscience d’apaisement
la simultanéité des faits dont nous sommes
l’arbre et la fruit une Humanité constituante
de sa Justice mondiale et de son agora
à pourvoir le sens du XXI° siècle
de l’histoire une règle
courtoise entre toutes les nations

30 mars 2009

Tant de désordre,
tant de lutte aveugle
ces derniers temps
et puis soudain
à la faveur d’un changement
manifeste dans la situation
des uns et des autres
une éclaircie à nouveau
comme jamais jamais
comme jamais déjà
des cendres passées
une envolée à nouveaux frais
le retour sans discuter
de la fraîcheur sur le temps
dans le sens d’une noirceur
jamais touchée encore
et la perspective vivante
qui danse dans le proche
sous le sourire d’un décor
à mesure de quoi par un truc
de hasard fortune à céder
sans mot dire le drame
un grand mouvement de sols
et de cieux
vers quoi je me tourne
loin de toute imposture
un être de musique barbare
dont le sens civil
ne peut que se bonifier

Lectures variées sur la technique de mon nouvel ami le piano de Madame Schönberg, heures béates à regarder jouer des maitres – Horowitz au paradis avec les siens!, et des nuits de rêve à  préparer les heures de jeu du lendemain.
Au dehors et autour tout s’effondre, c’est un élément qui ajoute à l’humeur indéfectible, et de quelque côté que je me tourne, les malheureux en cohortes, illustrant la défaite à venir, la procession des solutions erronées. A nous à qui l’erreur fut jamais qu’un socle, nulle crainte, il ne pourra en être de pires moments que ceux que nous aurons vu naitre, et cette veule idée est une joie sans discrédit.

Le tison du jour excite
des vents du ciel
darde son envie
sur les colonies bétonnées
aux seuils des troquets
de jeunes tailleurs essaient
des filles et des hommes parlent
sous des verres fumés

Abstrait sous une peau tannée
je fais moi aussi le veau-des-villes
sous ce cagnard un assentiment
volontaire au bagne humain

Façade polie de miroirs
réfléchissants, faux-semblants
parmi les ombres un appât
si conforme aux codes
me camoufle et ensemble
le monstrueux halo
de ma pensée déliée
des sourires de complaisance
le pavillon corsaire
d’une espèce de poulpe
au creux de ce sac de nœuds
dans le cœur de la cité

Dopaminergique de l’effort
un certain point de tension
courbe le réel et le voile
qui possible l’infigurable
se résout en un sens unique
jeu des apparences absurdes
P. Gynt le nautique du parcours
de la courbe au travers la courbure
un être surpris dans le décorum
carton-pâte. Qu’y a-t-il derrière
ce rideau où Autrui est l’agent
du mécano simple du monde?
Un phénomène d’opérabilité
des astres, le roulement des cieux
et des fadaises minérales natures
mortes et vivantes peut-être le
dernier ressort mais voici que
le battement même des ailes
du papillon se donne à mesure
d’un plateau de théâtre l’accès
et le bruire et des tonnerres
et des averses la volonté
d’un dialogue avec la divinité
concrète qui ne se laisse pas
deviner.

Entièreté factice le jeu
du sensationnel de ces heures
car de le posséder en une âme
et un corps de lui appliquer
la résistance ultime de l’indivis
le monde ne présente qu’une face
la même voilée qui ne vaille
la vie d’une telle fuite
la peine hors la ligne de réalité.
Il se faut en deçà de ces sphères
viduités d’abstraitement demeurer
parmi les vivants dans un chœur
à présent la voix quelconque
au diapason des clans et des sons
la cloche au tympan de verre
dopaminergique qui n’ébranle
nul point de tension. Ce devoir
un habiter le sens évènementiel
de la pointe de présent ne clore
pas déjà tout mais plier
sur le long arrangement
le passer.

Voici le sens de cette prière, pitié!
de nous tenir ensemble plus jamais
l’exclusivité de ce sentiment
le voile se tient là seul
pour des manants, et fuyards
solitaires d’oublier qu’horizon
paysage, agencement, sont faits
humains, faits de concert
et non pointe disposable
de présent sans raison.

Le temps, la lumière qui descend de la structure physique de l’univers, est d’abord l’espace de parcourir un trajet lequel s’expanse de la tension entre un passé et un à-venir, ainsi que dans la retenue mémorielle le souvenir des espaces parcourus au lieu de cet advenu. Et irréconciliable un habitat qui ignorerait l’extrême pointe d’advenir, ne se résoudrait qu’en projection et en se remémorer. Comment gagner la fissure dans le tissu de cette présentification? Ici et maintenant le locatif d’un nulle part avec la consigne de le tempérer d’un ailleurs une autre fois. Ailleurs, autrefois je me souviens d’avoir été ici et maintenant, et sur le terrain de cette permanence je tiens un être-là qui se dévoile à sa dimension relative, fonction de cette fois. Or l’extrême pointe de temps dégagé de l’amarre fixiste d’une localisation trop précise, le paradoxe en vient de ce qu’il tient dans un autre espace-temps, lequel la mémoire parcourt afin d’en déterminer les coordonnées relatives, à la recherche de permanence et de similarités, de stabilité et de différences, afin de peser son encan de valeur rapportée à une histoire, ou ensemble de coordonnées, tenues dans une concrétion d’instants résolus autant que révolus. Et la résolution de ces évènements étant elle-même relative, il devient possible d’envisager un parcours sans arrêt d’hier à demain, quand maintenant représente ce parcours. Je parcours le présent en lançant le passé contre l’à-venir, et ce qui vient est un ressenti, revisité et remémoré, revenu à mon sens de le re-présenter sans cesse et selon un ordre que je suis. Par convention l’à-venir est ce qui nous demeure caché de ce passé que nous parcourons pour qu’il se trouve être à présent: cela ne signifie pas qu’il n’est dans l’orbe d’aucun exister; simplement il se trouve à la croisée de ce qui intervient et de ce qui se désigne comme déjà là. Ainsi un sens du plier qui transfigure tout à-venir sur la carte de ce qui est déjà figuré, le sens de la divination ou figurabilité à priori. La question que nous devons nous poser à son propos: l’intervention de l’inconnu peut-elle avoir la force de nous contraindre à une re-coordination radicale du passé? Sous quelle condition un tel advenir est-il réalisé? Qu’est-ce qui n’est déjà advenu au moins une fois? Le plus strictement il serait possible d’affirmer que le pur intervenir de l’inadvenu nous laisserait dans l’incapacité de nous tourner vers un reconnaître, nous laisserait sur notre faim, de nous le figurer comme du repésentable, et ainsi l’angle se restreint des évènements assez anciens et assez neufs pour être du temps inadvenu , et faut-il considérer l’émergence de ce genre d’être au monde nouveau comme d’une rareté exceptionnelle, la règle se trouvant dans la certitude que, quoi qu’il se passe, je saurais assez le reconnaître pour qu’il ne constitue que marginalement une évènementialité de premier plan.

Mines, airs, patelins, la route de champs aux morts en belvédères, poste frontière, tunnel, autoroute une bière un sandwich le plein, un paquet de cigarettes, et le nom des lieux, brume et le vaporetto, le petit café d’une certaine place, la presse en italien de fortune, retraite d’hiver le carnaval des expositions passé, les rues mènent à l’auberge, méditation devant le portail, et retour vite à la chambre, cinquième quintet, candélabre éteint près la veilleuse, bloc papier encre noire le bois une table chaise fresque au dessus de ma tête, attendre le retour de (…) et bain dans la pièce commune (…) une autre fois (…) déjeuner en compagnie de Lucie son rire animé elle moi centrique et toi non centrique nos fous rires (…) une visite à la galerie de l’hôpital militaire allemand (…) des embrassades fiévreuses sur le lit (…)

Montée. Elle s’organise par paliers, chaque jour et dans le jeu des communications à manivelle. L’heure exacte de l’explosion n’est jamais sue, position longitude latitude et des déminages, opération de diplomatie avec l’encontre des atomes fusants, rebelles à l’entente patiente d’ici même, entêtés des déboires, qui esquissent un mouvement contré de notre appétit de survivre, heureux à l’heure époque, en satisfécit manifeste de la paix victorieuse, comme une attention ici à la vie périlleuse mise en danger là-bas, le brouillard d’une ébullition sous la croute navre le jour. Halo indéfini, absence de toute vue, et simultanéité des signaux: sur le champ de l’entente qui vient l’ombre bleue des catastrophes inutiles.

Une heure au café de la paix, 15 janvier, peut-être une belle poetry à venir, et ces temps noirs des catastrophes aussi dans les méandres-boyaux de notre atmosphère unique, rien sur le théâtre de la paix en ce monde qu’éclipse, et sans trouverie le silence des sphères.
Retour sur le théâtre des goules désoxiribo
grand café du centre de la ville monde
le silence des présents absente les passés
noteurs ou lecteurs, parleurs, taisants
et un brouillard haïtien sur le rideau
terrain de la paix en cette place éteinte
le néant dont je suis la contre-fable fidèle
à éclipse légende du bureau des dépêches
vives, filleul de l’oncle d’Amérique d’ici
conséquences déçues en migrant
peut-être

Ne pas s’en inquiéter, ne pas se fatiguer la nuit, manger sainement, boire un peu de thé, de gin ou de passe muraille.

Ainsi vita a-t-elle
ses saisons et voici
revenir l’époque
de cahier et browsing.
La particularité de l’époque:
le citoyen-détective
enquête sur le compte
de la mode des saisons 1&2
tandis que la saison 3 est dans les bacs
et roule la #4 sur les antennes

Revu G. et son histoire Tu trainasses? En somme je trouve à lui répondre [-nasse] et dès lors me fait le coup des urgences… Les gens, dans cette ville, sont mal-intentionnés, car je connais G. personnellement, elle qui préfèrerait coller son gosse devant le poste davantage plutôt que lui proposer une promenade à la campagne d’en ville un samedi matin. Elle conclut: Moi pas te reconnaître… Aussi faut-il la comprendre et sa question de sa troupe qui manque de démarrer, et ses soucis.

Présentation des épisodes en province. C’est le jour de la jungle, souvenons-nous. Dans les bois, la situation. Qu’est-ce que la situation engloutit, tout un pâturage à paitre, un périmètre fraternel. Herses dispersées sur la plaine ainsi découverte. L’isthme à traverser rugit des méchants courants contraires. Nausées. Une partie de qui je fus, nous aurions été, a foutu le camp dans le mouvement de la masse qui coule entre les rives. Encore heureux, le tas de livres à mes pieds croît à mesure des manducations qui les libère. Pas certain que ce défilement soit mien. Voir venir. Passion de la chambre, déserts. Regards hagards alentour aux heures des promenades, qu’est-ce qui crève le sac de certitude qui nouaient les riverains à l’arbre indivis? Sourdre avec le gris de la fenêtre

Puis je rassemblai à peu près tout ce que la ville comptait de bonnes feuilles sur la question, en volumes, ces petits volumes souvent qui sont comme des invitations sur les étagères, quand il s’agissait de se relancer. On écrit certes n’importe quoi. Au point donné, il faut comprendre que ce n’est pas parce que l’on trouve une chose imprimée chez un auteur raisonnable, qu’elle a pour autant une valeur d’exemple. Je trouvai des dizaines de parutions récentes, de rééditions sur du papier neuf, et pas du tout dans les rayonnages des actualités, pas du tout dans le rayon des gros livres d’histoire qui intéresse tant et toujours des mamies, non, là, le plus souvent sous les table, tout ce que l’époque occultait par ailleurs. Non que cela fut une surprise. Comme ces emplettes étaient massives, je ne ne pouvais m’empêcher d’accueillir la circonspection des libraires, des caissières, comme un reflet des programmes télévisés de la veille. Or bel et bien oui, les chaines nationales faisaient ces jours-ci consensus sur ce documentaire n-ième et très douteusement patriotique sur le destin de la nation, mais ne fallait-il pas respecter l’ordre des choses: qu’est-ce qui avait poussé un public si nombreux à plébisciter pareil cinéma? A la vue de ce vivier de livres, je dois l’admettre, achetés le jour pour être cités la veille et lus le lendemain, il me semblait que l’hiver pouvait bien se présenter sombre et glacé comme jamais. Finalement, il ne s’est peu ou prou jamais trouvé de volumes dans la bibliothèque qui n’ait pas trouvé d’usage un de ces jours, quand je ne les avais pas lus déjà, et le plus souvent à la faveur du plus grand des hasards, quand piochant tel un pillard des mains dans le silo des provisions, j’en tirais un qui se trouvait être le premier le meilleur pour la circonstance, y lire un passage selon.

L’ironie, c’est quand les dents grincent sous le front

L’extinction du temps
et que nous croyons le fait
définitif n’a pas eu lieu
car l’histoire est un revenir
permanent au travers les ages
de figures différentielles

Une heure que nous voyons
être la même à nos dépends
le leurre essentiel nous prend
de croire que nous sommes là
les mêmes, inaccostés sauvages
côtes de continent reclus
de la civilisation
or de l’est des nuages
les mêmes c’en sont d’autres
toujours revenants de quelque
tragédie de skieur de fond
de l’époque présente le relent
d’ingloire la misère accablante
nous poursuit une rivière de sang
et des cendres attestent un mouvement
par-delà le destin de pierre
de ne plus être au monde
nous sommes les survivants?
Nous sommes les bourreaux
d’un trépas distribué en partage
aux quatre coins du camp
humanité sans trêve et sans remords
la beauté nous est étrangère
et ici le sens d’un autre nous se répand

La vie sans trêve que nous fumes
et qui nous rappelle à son heure
tenant lieu de mémoire
nous avons passé l’époque
de la plainte sempiternelle
infligée au néant.

Au pays du paradis psychotrope
il est aisé d’oublier
la souffrance du nerf principal
moteur des émotions

Je fus tant de fois déjà
interrompu dans une ascension difficile
de la montagne du paradis terrestre
qu’il me faut entrevoir
une raison de continuer
par delà ces coupures

Le monde ne veut pas
d’un demi-lieu abstrait
encourageant ses sphères
à retenir son emploi seul,
il désire un héros abouti
de ses prières, entier là,
tenant debout ses assertions
comme la geste de son misérabilisme
défait

Et quelle grandiloquence une fable
pareille à la rumeur des cascades
retiendra-t-elle, sinon le fruit
de sa macération dans les cages
où l’on tient pour rien des enfants
malappris des concerts, déracinant
les appellations mensongères de tout
un fatras de socialité vague,
et nécessaire pis-aller de sauvagerie
première et véritable,
la vie des familles nous enterre
sans cesse et sans pour autant
se sentir coupable de ses assassinats

Je suis une force brute au langage
comme au monde un titan relatif
à ce dire sans éclat mais qui gronde
sans cesse le dessous des cartes:
vous entretenez dans vos rêves
des polices sans preuves,
incendiant les églises de vos espoirs
vaniteux, et dans une prière telle
un sacre des démons qui vous tiennent
le ventre, vous vibrez au rythme
des lanières dont vous déchirez
à grands coups la beauté et l’amour,
le rire qui débâcle vos minuties
et vos appels incertains à du pire

Mais le pire n’est jamais tenu
de se manifester, et nous saurons toujours,
ensemble des mois libres qui se tiennent
assujettis à leur propre entièreté
de ne pas se scinder selon l’ordre
des intérêts premiers, nous saurons toujours
vous renier les droits que vous revendiquez
sur nos lobes, de les tenir hors le lieu
de la prédication des termes aboutis
et fièrement nécessaires

Or aujourd’hui puisqu’il faut redescendre,
un empire de consolation s’offre
à des appétits de vous de nous tenir
frais sous les tempes du juste droit

Vous accaparez les espaces
de vos prédications mensongères,
vous ergotez un droit de meurtrir
tant et plus les fiertés d’être pauvre,
d’être autrement riche que de famille
au portique de tout un vent naturel
et normatif, vous heurtez des susceptibilités
autres et nous ne sommes pas pour autant
de ces hordes à faire la frayeur des journaux
et des conversations des cafés

Nous saurons toujours échapper
à ces appels sans résistance
à de la belle simplicité fausse,
à de la sophistication sans arrière-plan,
une mode trop première
pour satisfaire à nos désirs
d’avenir flamboyant, une manière primitive
par-delà les flonflons
et nous avons davantage de ressource
à partager que vos peurs: adieu
monde de méchants!

Ombres encombrées
évanouis débris
absorbés et transis
améliorées des heures
et qui passent des arbres
plantés là que nous sommes
où stagne un flux d’être
en souffrance: quel est ce lieu
que vous tenez?
Ailleurs entendu des mièvres
Dehors vérifié des abstrus
le futur l’accompagne
de nous comme des leurs
entre-monde sans lueur
et que je vois passer
aux ornières des orbites
dans le soir naissant
de mes heurts apprivoisés.

Ombres superstitieuses
Il y a quelque chose!
derrière les paravents
de la vie organique
aux sangs battus des tempes
Quelque chose et demain
à force de patience et d’écoute
ce terrain se dévoile
aux pourparlers silencieux
un négoce des âmes passées
dans le regard de nos attentes
une filière clandestine
noire comme un matin bleu
de tant de vivants
parmi les malheureux
la certitude approche
d’un chœur des embaumés
la palpitation souterraine
et qui remonte des dessous
du plancher

Nous avons cru que nous pouvions
toujours sans errance nous en séparer
voici que la vie de la mort nous rappelle
aux bons soins de son empire départagé:
les vivants sont les pointes émergées
des masses qui les tiennent hors le sol
et se lève un géant putréfié qui nous mord
aux certitudes comme un chien au mollet
quelque chose dispendieux dans le temps
s’écrie au travers et le gouffre s’entrouvre
où nous apercevons la joie qui demeure
comme elle entretient le feu de la maison
dans ce royaume intermédiaire
et que nous connaitrons

Je rêve
certes mais quel est ce grondement
si épais et qui me questionne
quelle est cette aspiration
m’imporant tout de nuit aux hangars
de ses retenus passagers écumants
et qui se plaignent d’une faim
sans retour que moi-même à du jour
inquiété soudain des voiles
et des rideaux lourds d’une mort
au fonds peu sûr et tout hypothèque
de la disparition sans appel?

Je me réveille
il m’est passé sur le cœur
quantité de visions
et je ne suis plus assuré
à présent que le jour se lève
que du petit filet de mes émotions;
nous ne savons rien de ce qui nous attend

Ici dans la ville le souvenir emplit l’est
comme il n’est rarement osé
de se le remémorer l’histoire,
et cet évènement insu de tous
notre commune catastrophe humaine:
d’un côté les ateliers municipaux,
voies ferrées, talus, entassements de pierres
comme tas de dents, chaussures, chignons
préfabriqués dormants le long des rangées
de roses trémières du Gal Mc Arthur
de nos visites,
bruleries diverses une zone de nuit
de jour aux allures de peur et douleur
de la mémoire
- la municipalité veut détruire etc.

De l’autre le camp moderne
petits baraquements où,
sous le prétexte de les soigner,
de les garder des êtres mal nourris
mal logés
maltraités, sans droit,
une administration de la torture
neuroleptique, opère,
sommeillent et nous souffrons,
deuxième personne de la solidarité
de 2010, depuis 1930,
depuis tous les eugénismes,
depuis que quelqu’un a dit que Juif,
fou, ou saint ou mômô ou pédé ou coco
était le nom de la différence avant toute chose,
et qu’il fallait la réduire
en préambule à toute habilitation
possible.

Entre les deux le fleuve
le Gange aussi bien
ou le Fleuve Jaune
ou le cours du temps
immuable rappel
à de la permanence
dans le changement

Là-bas les voies de chemin de fer
désertes la nuit sous les lumières tungstène
ont un éclairage noir et blanc
de l’âme qui glace le sang du visiteur,
et le silence est peuplé de la rumeur
de millions d’être là-bas
que nous n’entendons pas
déclamer la liste
métaphysiquement inconcevable
de la dispersion dans le nuage mémorial
de ciel bleu.

Ici des pas dans les couloirs
indéfiniment les mêmes
de la débâcle de l’âme
et du corps, arpentés à l’année
par des fantoches sans vie
minéraux comme écrasés
de leur destin de petits ventres ronds
neuroleptiques, et dont la liste est proscrite
par le droit au respect à une “vie décente”
et le secret médical

Comment ne pas faire le lien
entre ces deux réalités bien tangibles,
il existe dans cette psychogéographie
de la ville un parallèle immense
entre les camps d’hier
et le cantonnement de toujours,
et sinon sujet à moqueries
et sarcasmes,
rien de ce qui en est exprimé
ne saurait passer le front cognitif
de l’impensable victimisation
à concurrence de néant;
il ne s’agit pas tant de mettre en évidence
le fait que l’on expérimente,
assassine,
extermine ici ET là une “vermine” semblable,
que de noter les lignes parallèles
le long d’une équerre au sol
sous le soleil du midi de la page blanche,
et lecteur est le nom assez
souvent mémoriel d’un être
qui se repèrera facilement
aux montants de la grille
ainsi découverte sous le cousu
du monstre hypothétique
que la frêle ligne dévoile:
nous revenons des camps modernes,
camps à tiroir où l’on nous emprisonne
depuis si longtemps
que les traitements nous absolvent
du commun de la récrimination morale
- a qui vient-il à l’idée de s’appesantir
sur la possibilité d’une faute morale
de ceux-ci, et qui voudrait étendre le procédé
sans procès à ceux-là?
Nous ne fumes jamais coupable
du moindre crime, et pourtant…

La longue nuit d’hiver
et de silence du débat
national le nom de la débâcle
de l’intérêt pour le pays
chez moi, chez nous tous
le sentiment pesant d’une perte
très localisable du sens
d’être soi
Comment sortir de cette fièvre
qui s’empare des un et des autres
sinon refusant aussi radicalement
qu’il s’en présente le débat?

Car français désormais le sens
abjecte d’un retour
à la patrie,
à la famille,
au travail:
telle une antienne devenue réalité
l’insulte à sa performativité le porte
à nuire à nos collectifs amis tout autant
qu’à l’avenir de nos chères têtes blondes

Il sera écrit qu’en ces temps hivernaux
à son destin le pays préféra des cachoteries
et de changer de nom pour devenir
ce qu’elle ne fut jamais de son gré:
dictature molle de notions impropres
et triomphe de la vulgarité
– France le paquebot qui coula ces années là

Heureusement nous y fumes ailleurs
ici même et comme évadés des contingences
locales
à une République montant
le long du mur des évènements
mondiale et la paix la prenant
par dépourvu:
des écrans comme un portail
à ce jardin d’ensemble
quand la vue sur la ville
le monotone stéréotypé
de moeurs uniformes
une chimère à ne trouver
nulle part de vérité première
souvenir d’un passé englouti
attente d’une renaissance
improbable et revival vintage
du siècle passé.

Ici ne tient rien moins que le gond
de l’époque comme épopée
et la flambée de crispation
identitaire le grincement
de la bascule générale
le point du jour
vers ce qui n’est pas déjà là

Can’t stand french language
anymore that’s a fact
period
The atmosphere here downtown
is so heavy
the weather is so cold
I thought my fingers were to break
into pieces at the slightest snap
We heat up the apartment we
are living so poor a good wealth
Not certain we’re to live here
together as her papers
have expired

Life in this country have become
irrealistic month after month people
shrivelled up so much our friends are gone
into their lives of talc and broth
newly mother and father of monsters

we sink the country is nowhere to be met
we think we are and I know we’re just surviving here
no invitation – oh, so little
I’m dreaming of the great invite the life again
would offer and I feel it’s not to happen
I cry a lot these days the radio torturing
me again in this language I’m not
having any more
at disposal.

Bourgeois is the name of these small ways
small malls of thinking giving being seeing
and we would like to dance
but the dance halls are closed
and the money is on the short again
with terrific bills to come
my symphony of wisdom may be mocked
no way, we live!

We live here wrapped into this morgue
of an Iran at the heart of a Europe
sort of Iran…
O England, O Germany, O Spain,
so far away, walking around the block
the clock that is our cloak of nothingness
possibless piece of France that you must
not take great care of this chaos here
and there
let it die, and ok, let’s give once more
let’s…

The suffering of the life in France
since 2007
so bitter
ok
let’s switch to another place…
sofa traveller us nowhere to go
where do we go
where do we go?
nowhere, suffer, here
no go
no place to be
no art to see
no cheerful occasion to laugh
no love
no friendship and they
hit the ears with their song
of realism in art and small talk
“chat” is a great idea
who do we chat with then?
Chat with the barman?
These don’t chat
they serve you
chat with a woman?
We’re not free, women don’t passed the
surprising sight of a good looking
We are poor so stfu

The gloomy night is coming to us
again France
again
and we would like to dance
an invitation
a sheet of paper
a letter
it’d say hello
you’ve been here for a while now
and we do care, come on,
let’s see what you’d be able to
let’s see if you couldn’t fill one of these
forms and work with us
clever you are in a way
this never happens here
- oh not to mention the blank letter I received from the “disabled minister”…
and I dream I was Vietnamese
rather than french
really beyond shame and despair
it’s a defeat
it lasts a hundred years
everybody knows
except the one who’s acting the defeat
this one
yes you guessed what’s his name…

Never been cooperating with this regime
from the start, never
they use it all you say: say a word?
it’s already mashed up in a discourse
in a motion, burqa, kärcher, debate about the nat. id.
etc. what for a loser’s game,
what a pissing off process
and it end where?
If I buy the Harrap’s shorter
you know you’re 25$, this time
are for me and I’ll sleep the night
on the unabridged cover and
I’ll write nice poetry
not counting on feet the verses

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